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Enjeux (de mots ?)

Sur cette page, je soumets à votre sagacité, dans l'espoir de recueillir vos avis et témoignages, quelques pistes de réflexion, parmi d'autres qui m'accompagnent dans ma pratique professionnelle.

     
un Revenu ET un Travail          
         
       

   Je plaide, en tant que cadre dirigeant et citoyen, à la fois pour un travail utile et épanouissant, et pour un revenu universel décent. Supprimer le chômage et la précarité par la création et la distribution de richesse et l’intégration économique et sociale, valoriser le travail porteur de sens, et permettre à chaque talent d’être utilement exprimé, voilà un programme aussi ambitieux que réaliste.

   
           La valeur créée par le travail et le développement de tous les talents
   
 

   Quelques aspirations que j'ose croire partagées : celles du rayonnement des bonheurs privés, du progrès humain et de la paix sociale, et des enthousiasmes et des succès professionnels, individuels et collectifs.
Avec la communauté RH, je contribuerai résolument et concrètement à ces objectifs.
Par l’équilibre des temps de vie et la santé préservée ; par le dialogue, la performance durable, et la création et la répartition intelligentes de la valeur ; et par l’action entrepreneuriale et citoyenne, et la qualité de vie au travail.

Car voilà bien les cœurs des métiers des dirigeant-e-s d'entreprise. Ce n’est jamais l’envie d’une casse sociale qui nous fait agir ; c’est la valeur créée par le travail et le développement de tous les talents. Or longtemps, emploi, travail et revenu ont été pensés comme nécessairement liés, en un triangle pourtant toujours loin d’être équilatéral : être employé, à travailler, pour gagner ; et parfois aussi (mais on veut moins voir ce triangle plus noir), perdre sa vie à la gagner, ou à ne pas la gagner faute d’emploi. Et tous les espoirs humains, et tous les conflits politiques et sociaux, naissaient, et naissent encore, de ce triangle qu’il devient pourtant difficile, partout, de dessiner.

Ce paradigme s’effondre, avec l’automatisation, digitale ou robotique, qui, dans le même mouvement, va détruire des emplois, en créer d’autres, accaparer la valeur créée, et diminuer la pénibilité du travail.

   
     Qu’est-ce qui, dans le travail, est épanouissant, pour tou-te-s ?
   
     Chacun-e, qui a déjà réalisé une tâche répétitive, ou aboutissant à abîmer son corps ou sa psyché, comprend bien que le travail, au-delà de son étymologie, n’est, dans son acception actuelle, pas que plaisir quotidien. Il y a donc lieu de se réjouir d’une plus faible exposition tendancielle des individus à la pénibilité, au-delà même de ce que des lois récentes, importantes mais compliquées, prévoient désormais dans nos organisations pour la prévenir ou en réduire les effets.

Qu’est-ce qui alors, dans le travail, est épanouissant ? Ce n’est certainement pas d’avoir peur de perdre son emploi. Ce n’est certainement pas non plus, pour éviter ce risque lourd, de passer ses journées, et beaucoup de salariés et d’agents le vivent, à enchaîner des actions vides de sens, subordonnés à d’amorales, ou parfois immorales, personnes morales.
Un travail épanouissant, c’est, d’abord, répondre qualitativement, positivement, aux besoins ou aux envies d’un ou plusieurs autres. C’est aussi le plaisir d’activer et de mettre, au service d’un projet, des compétences, et de maîtriser une technique ou un outil. C’est enfin la fierté d’une réalisation, individuelle et collective. Et c’est cette vision-là du travail qu’il nous faut faire connaître et pratiquer à chacun-e, et pas seulement à une portion de plus en plus réduite du corps social.

Notre pays laisse en effet exister un immense gâchis de compétences : 6 574 100 de personnes demandeuses d’emploi (catégories A à E, fin 2016), pendant un an, et ce sont plus de 10 milliards d’heures de travail perdues pour la France. Alors même que tou-te-s celles et ceux qui ont été, devraient être, et seront nos collègues et nos associé-e-s, privés actuellement de faire leur travail et d’être les membres de nos équipes, ont un désir farouche de contribuer de nouveau, fièrement, à l’énergie de création et de production de notre pays ; et que pourtant notre pays les enferme dans la spirale délétère d’un silence acheté par une aumône mensuelle temporaire, pensant presque nous épargner le devoir (quand on y rajoute les promesses émues de l’emploi comme priorité souvent remâchée, jamais atteinte, depuis des décennies) de donner droit, à ces millions d’humains, à leur pouvoir d’agir.
   
     Supprimer le chômage et la précarité, et redonner toute sa place au travail
   
  Or éradiquer le chômage et la précarité est à portée de main : il nous suffit de considérer comme impensable et inacceptable, économiquement, socialement, politiquement, de voir consacrés des milliards de temps de vie perdus à la recherche d’un emploi, ou de voir tant de personnes souffrir de n’avoir pas d’emploi. Il nous suffit, réfléchissez-y, de ne plus dessiner un triangle, et de le remplacer par une autre géométrie :

- L’emploi, condition bien souvent pour un revenu comme contrepartie d’un travail, sera rare. Plus besoin d’être employeur quand un algorithme ou un robot réalise pour vous une activité de travail, et crée de la valeur, sans qu’il ne soit besoin de la distribuer, bien entendu, à ces automates. Et n’en doutez pas, l’automatisation créera par définition moins d’emplois qu’elle n’en détruira : chacun-e comprend que le travail de création, de fabrication, de pilotage et de maintenance des algorithmes et des robots nécessitera moins de main d’œuvre que celle que l’algorithme ou le robot permettra de ne pas employer. Et tous les métiers, tous les niveaux de qualification, tous les statuts sont concernés, même si dans des proportions et à des rythmes différents, par cette vague inédite. L’industrie outillait et optimisait le processus de travail ; l’économie de l’information, de la connaissance et des services, et sa vitesse et son désir d’efficience encore jamais atteints, organisent puissamment et systématiquement le remplacement de l’humain, dès qu’il s’agit de faire plus de deux fois une même tâche. Et le salariat, cette forme d’emploi qui n’a que quelques dizaines d’années, n’a, lui, pas plus d’avenir que de passé ; mais le voir s’effriter, qu’on le choisisse ou qu’on le subisse, sans organiser la perception d’un revenu, mettrait en péril les destins individuels, et le destin national.

- Le travail, lui, n’est pas rare. Qui n’a jamais quitté son bureau, son atelier, son agence, son guichet, son comptoir, son champ, son local associatif, sans se dire qu’il y aurait encore tant à faire, demain et le jour d’après, pour les clients, pour les usagers ? Il y a tant de solutions à inventer, d’entreprises et de projets à lancer et à faire vivre, de produits et de services à  fournir, pour répondre à des besoins toujours nouveaux, pour résoudre les défis humains et planétaires. Tant d’entre nous, déjà, et le phénomène grandira avec les générations, qui refusent l’aliénation pour choisir la liberté d’être créatifs et utiles. Le travail n’est pas rare, pas plus que ne l’est le talent ou le savoir, et c’est là l’avenir du travail. Permettre à chacun-e d’exercer des formes de travail, énergiques et intelligentes, créatives et ouvertes, sans l’obsession de le faire d’abord pour subsister, c’est là l’avenir du travail. Oser entreprendre, pour celles et ceux que le risque de la précarité ne tarauderait plus, c’est là l’avenir du travail.

- La possibilité de vivre dignement n’est ni un luxe ni une récompense, c’est un droit fondamental, inscrit dans nos textes les plus hauts ; et comment accepter, comment justifier que 14% d’entre nous vivent encore sous le seuil de pauvreté ? Sans doute faut-il commencer (le temps de démontrer l’évidence, pourtant – pour qui côtoie chaque jour ceux qui travaillent ou voudraient travailler – que la liberté de travailler retrouvée par la perception sécurisée d’un revenu ne créera pas une société d’assistanat) par un revenu universel conditionnel, qui serait versé, à tou-te-s, en contrepartie d’un travail, et de contributions civiques. Le compte personnel d’activité préfigure, dans son esprit, ce modèle ; mais au lieu de ne permettre qu’à ceux qui ont un emploi d’accumuler des droits, donnons d’emblée à tou-te-s le droit de percevoir un revenu, et celui de travailler : tou-te-s seront alors en capacité et en devoir de contribuer au modèle.

Mais comment financer l’amorçage de ce qui n’apparaît plus ici comme seulement une utopie, ni même seulement comme un futur souhaitable, mais comme ce qu’il faut nécessairement penser et organiser maintenant, pour ne pas compter (ce serait insoutenable, à tous égards), en 2050, en France, 15 ou 20 millions de personnes en situation de fragilité ? Dans notre pays qui se classe au sixième rang de la richesse mondiale par le PIB, nous disposons des ressources pour verser à chacun-e un revenu universel décent. Je connais des milliers de personnes en charge des Ressources Humaines, prêtes à s'engager, au côté des directeurs-trices financiers et des actionnaires à chaque fois qu’il en existe, et de tous les acteurs économiques et politiques, pour inventer, avec toute l’ingéniosité dont sont capables ceux qui pensent que les vases peuvent être communicants, le système qui préservera, et même augmentera (par son effet redistributif colossal, par le véritable choc de simplification qu’il exigera, et par la valeur créée par 10 milliards d’heures de travail supplémentaires) les intérêts des parties prenantes.
   
  un revenu ET un travail, donc : une nécessité belle et réaliste
   
  Les personnes en charge des Ressources Humaines, sont, les premières, dans les entreprises, comme facilitateurs de la coopération, des pratiques collaboratives, du dialogue : de l’intelligence collective, au quotidien. Et le défi de cette intelligence collective, dans le monde qui vient plus encore que dans celui d’aujourd’hui, c’est de contribuer à une économie humaniste et prospère, qui crée de la richesse pour en redistribuer, à tou-te-s, une partie, et pour produire ou préserver des biens communs, dans la double finalité du bien-être humain immédiat, et d’une planète capable de procurer au moins le même pendant les années et siècles qui suivront.

Ce qui rassemble et honore l’esprit d’entreprise, l’intérêt général et l’engagement politique, c’est la pertinente efficacité tout à la fois de l’action, immédiate, et de la vision, prospective et stratège. Par la sécurisation d’un revenu universel décent et le développement du travail utile et épanouissant, osons libérer l’innovation, l’envie d’entreprendre, et tous les projets marchands et non-marchands dont l’humanité a besoin. Donnons dès aujourd’hui à chacun-e le pouvoir de travailler à son avenir, et au nôtre.
   
 

Pour prolonger :

http://www.revenudebase.info/decouvrir/
http://www.revenudexistence.org 

DES LIVRES ET MOI

Possiblement, sur cette page, quelques remarques sur l'édition : la nécessité de la subjectivité, de l'arbitraire même parfois, dans le choix des manuscrits ; le rôle de l'éditeur dans l'élaboration du texte ; "la littérature sans estomac" ; etc.
  Pour l'instant, une seule courte mise au point, mais d'importance, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas : non, un éditeur n'est ni un auteur, ni un imprimeur. Il est une figure indispensable, drapée dans l'humilité, qui s'inscrit résolument dans la longue tradition maïeutique : rien de moins ! Avec en plus, de temps en temps, une dimension psychanalytique (certains auteurs se dégivrent, s'enivrent... se livrent !)
  A suivre ...

  S'il me fallait choisir, les trois livres les plus importants, pour moi :
1. H. D. Thoreau, Walden, ed. by Jeffrey S. Cramer. New Haven (Conn.) : Yale University Press, 2004 (publication initiale : 1854).
2. P. Klossowski, La Monnaie vivante. Paris : J. Losfeld, 1994. Précédée d'une lettre de Michel Foucault à Pierre Klossowski sur "La monnaie vivante", hiver 1970.
3.  F. Hölderlin, Sämtliche Werke und Briefe, trois volumes, édité par Michael Knaupp. Munich, Vienne : Carl Hanser Verlag [HV], 1992-1993. Textes écrits entre 1793 et 1843.

Quelques lectures récentes, passionnantes ou instructives :
- L'économie sociale et solidaire aux prises avec la gestion, sous la direction de J.-L. Laville et P. Glémain. Paris : Desclée de Brouwer, 2009 (collection Solidarité et Société).
- L'efficacité économique au service de l'intérêt général. le livre blanc des entrepreneurs sociaux, Paris : Rue de l'Echiquier, 2012.
- Observatoire national de l'ESS 2012, Atlas commenté de l'Economie sociale et solidaire, Paris : Dalloz / Juris Editions, 2012.
- A. Barthélémy, R. Slitine, Entrepreneuriat social. Paris : Vuibert, 2011.
- J.-M. Borello, F. Bottolier-Depois, N. Hazard, L'entreprise du 21ème siècle sera sociale (ou ne sera pas), Paris : Rue de l'Echiquier, 2012.
- L. R. Brown, Basculement. Comment éviter l'effondrement économique et environnemental, Paris : Rue de l'Echiquier, 2011.
- L. Davoine, Economie du bonheur, Paris : La Découverte, 2012
- A. Delbosc, C. de Perthuis, Et si le changement climatique nous aidait à sortir de la crise ? Paris : Le Cavalier Bleu, 2012.
- T. Nghiem, Des abeilles et des hommes, Paris : Bayard, 2010.
- A.S. Novel, S.Riot, Vive la co-révolution ! Pour une société collaborative, Paris : Alternatives, 2012.
- J. Rifkin, La troisième révolution industrielle, Paris : Les Liens qui libèrent, 2012.
- R. Carson, Silent Spring. New York : Houghton Mifflin Company, 2002 (1962).
- Y. Caseau, Urbanisation, SOA et BPM, 4ème éd. Paris : Dunod, 2011.
- J. W. Ross, P. Weil, D. C. Robertson, Enterprise Architecture As Strategy. Boston : Harvard University Press, 2006.
- A. Carpentier, Le Siècle des Lumières. Paris : Gallimard, 1962.
- E. Jaffelin, Eloge de la gentillesse. Paris : François Bourin Editeur, 2011.
- J. Supervielle, Oeuvres poétiques complètes. Paris : Gallimard, collection de La Pléiade, 1996.
- A.Locatelli, Jazz belles-lettres. Approche comparatiste des rapports du jazz et de la littérature, Paris : Garnier, 2011

  Si mes fonctions actuelles m'éloignent, au quotidien, des comités de lecture, je reste proche de plusieurs éditeurs, et serais heureux de vous aider, si je le peux, à faire aboutir vos projets, en leur confiant vos manuscrits (ouvrages en sciences humaines et sociales ; ouvrages académiques ;  textes narratifs courts de grands auteurs, à rééditer). Décrivez-moi brièvement votre projet, je ne manquerai pas de vous répondre...

  [Je me fixe comme règle, en tous cas pour le moment, de ne pas recommander d'autres types d'ouvrages, pour lesquels je ne pourrais pas formuler de premier avis autorisé : inutile de m'envoyer romans, poèmes, et pièces de théâtre de votre composition. En bridant ainsi ma curiosité, ce n'est pas votre talent que je mets à distance, mais c'est ma capacité à agir que je préserve. Merci !]

Pour une transition digitale inclusive

Faire émerger une vision RH qui nous semble nouvelle, et qui s'appuie sur la digitalisation complète du cycle de la collaboration, y compris l'amont et l'aval, dans une logique de performance et de pertinence respectueuse des personnes : attuirer, préqualifier, recruter, embaucher, intégrer, maintenir l'employabilité, développer les compétences, faire évoluer en interne et en externe nos collaborateur-trices, en appui sur leurs capacités démontrées, leur potentiel et leurs talents, et leurs envies professionnelles, ... Et faire tous cela en coopération étroite entre DG, RH, et SI.

C'est cette ette vision que je veux faire exister d'une employabilité traversante et sans cesse augmentée, socle d'une véritable contribution sociétale de chacun-e à l'ère collaborative

-> DRH numérique 2017 de l'ANDRH

Quelques articles :

GROUPE SOS : http://www.groupe-sos.org/actus/2814/Le_GROUPE_SOS_laur_at_du_prix_du_DRH_num_rique

ANDRH : http://www.andrh.fr/l-actualite/liste-des-actualites/ceremonie-de-remise-des-prix-drhnum-2017

Parlons RH : https://www.parlonsrh.com/prix-du-drh-numerique-lhumain-facteur-indispensable-a-la-transformation-des-entreprises/

Les Echos : https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/management/conduite-du-changement/030633114944-groupe-sos-invivo-retis-et-sony-laureats-du-prix-du-drh-numerique-2017-313819.php

Actuel RH : http://www.groupe-sos.org/media/doc/temp/article_actuel_rh.pdf


 

Pour une écriture inclusive

Praticien depuis 20 ans de l'écriture inclusive, je plaide quotidiennement pour l'apparition du féminin (au même titre que le masculin) dans notre français écrit et oral. Parce que la langue véhicule des représentations, et que je ne vois pas à quel titre une convention (qui comme toutes les conventions, est située, socialement, politiquement, historiquement) grammaticale rétrograde continuerait d'imposer subrepticement ce scandale intellectuel et anthropologique que "le masculin l'emporter sur le féminin".

- rien pour moi ne gêne l'érciture ou la lecture lorsque l'on veut dire "ami-e-s", "salarié-e-s", ...

- rien pour moi ne rend difficile l'expression : "bonjour à toutes et tous", ...

- rien pour moi n'est compliqué dans le fait d'accorder le participe passé avec les deux genres (je trouve l'accord de proximité, bien que pratiqué par Racine et d'autres, moins inclusif, et plus curieux) : les chardons et les roses étaient brillant-e-s de givre. La règle actuelle est en effet tout aussi compliquée, qui suppose de vérifier s'il y n'y a que des noms féminins, ou que des noms masculins, ou les eux, avant d'accorder.

Bien sûr, il y a quantité d'autres choses à faire, en faveur des droits des femmes, et beaucoup, dont je suis, s'y emploient. Mais, à moins de manquer d'ambition pour ce sujet qui structure les rapports de 7 milliards d'humains, n'utilisons pas cet argument pour maintenir un pénible statu quo : nous pouvons, et c'est même cohérent, mener plusieurs actions en même temps.

JEROME BOURON

JEROME BOURON